ActualitésConsultation nationale : évolution du statut réglementaire du silure

Consultation nationale : évolution du statut réglementaire du silure

Février / mars 2026

Un projet de décret ministériel propose de classer le silure comme Espèce Susceptible de Provoquer des Déséquilibres Biologiques dans les bassins Adour-Garonne et Loire Bretagne. Sachez que la fédération de Pêche de la Nièvre est contre ce classement.

En effet, faire du silure le bouc émissaire de la disparition des poissons migrateurs revient à se voiler la face en éludant totalement les vraies causes de ce déclin :

• Réchauffement climatique

• Destruction des habitats

• Fragmentation des rivières par les ouvrages

• Pression exercée par la pêche professionnelle.

Les populations s'écroulent dans de nombreux pays et sur d'autres continents où le silure n'est pas présent.

Les rapports de l'Office Français de la Biodiversité de juin 2023 à 2026 synthétisant plus de vingt ans d'études sur ce poisson, signalent que le silure prédate bien des espèces de grands migrateurs mais uniquement lorsque ces derniers sont concentrés et bloqués par les barrages.

Toutefois ils rappellent clairement que cette espèce ne constitue ni la cause centrale ni l'origine principale des déséquilibres observés.

L’étude de l’OFB explique que de 2021 à 2023, des pêches de régulation ont eu lieu sur certains secteurs et elles n’ont eu aucun impact sur les populations de migrateurs.

Déjà à la fin des années 1880, des scientifiques alertaient les pouvoirs publics que la réhausse de certains anciens barrages sur les axes à grands migrateurs avait un impact important sur les effectifs de saumons...et pourtant à cette époque, on ne pouvait pas incriminer le silure.

Ce décret ne sauvera ni les poissons migrateurs, ni les rivières.

Accepter ce classement revient à désigner un coupable biologique au détriment d'une restauration réelle des milieux aquatiques.

N’oublions pas qu’il y a quelques dizaines d’années, le sandre était considéré comme un destructeur qui tue par plaisir, pour beaucoup, il fallait l’exterminer. Désormais il est soumis à une taille réglementaire et à des quotas…comme quoi les temps changent.

Si nous ne contestons pas le fait que le silure se nourrit parfois de migrateurs, nous refusons qu’il soit tenu pour unique responsable de leur disparition. Si l’Etat souhaite sauver les milieux aquatiques, il serait bon de réfléchir à des mesures plus efficaces que le simple financement de pêches de régulation par les professionnels.

Néanmoins et par souci de transparence, il est nécessaire de vous expliquer les différents statuts :

-Les Espèces Exotiques Envahissantes (EEE), comme certaines écrevisses ne peuvent être remise à l’eau et leur transport vivant est interdit.

-Les Espèces Susceptibles de Provoquer un Déséquilibre Biologique (ESPDB) : C’est le statut proposé pour le silure. Ce classement reconnait un impact sur les autres espèces et donne le droit à l’Etat d’agir sans imposer les mêmes restrictions que pour les espèces envahissantes.

Concrètement, qu’est-ce que cela change ?

-En tant que pêcheur de loisir, vous conservez le choix de relâcher votre prise ou de la prélever.

-Il deviendra strictement interdit de transporter un silure vivant.

-Ce statut permettra à l’Etat d’organiser des prélèvements spécifiques via des engins professionnels (Filets, verveux, cordeaux etc.)

Cette consultation est l’occasion pour chaque pêcheur de s’exprimer sur cette évolution.

Date de consultation : jusqu’au 8 mars 2026.

Donnez votre avis ici :

https://www.consultations-publiques.developpement-durable...

Etude OFB